Innovation

« TouIX (Toulouse Internet eXchange) : le GIX le plus techniquement avancé d’Europe ! »

Propos recueillis par Pascal Boiron, MID e-news | 30 août 2015

photo claude combes

Entretien avec Claude Combes, Président du nœud d’échanges Internet (GIX) de Midi-Pyrénées TouIX.

- Les nœuds d’échanges Internet se sont multipliés en Europe au cours des dernières années : comment l’expliquez-vous ?
Claude Combes : Le cap des 150 GIX en Europe a effectivement été passé en 2015 et ce chiffre est appelé à augmenter. La principale explication de ce phénomène est la nécessité d’avoir un maillage dense des territoires. Il n’était pas réaliste d’avoir un réseau limité aux 28 capitales de l’Union Européenne car la possibilité de mutualiser les infrastructures, le fait d’accéder à des débits plus élevés et la perspective de favoriser l’émergence d’acteurs locaux sont des atouts qui concernent tous les territoires. En France, les premiers GIX sont logiquement apparus à Paris, à Lyon, puis à Toulouse. Aujourd’hui, de nombreux GIX sont en projet dans les régions françaises.

- Le GIX de Midi-Pyrénées existe depuis une dizaine d’années et s’est toujours présenté comme une entité « à part ». Quelle est sa particularité ?
Claude Combes : Le TouIX n'a pas bénéficié de conditions de démarrage aussi favorables que celles des deux principaux GIX qui nous ont précédés. En effet, l'autonomie financière d'un GIX est basée sur la réunion d'une masse critique d'utilisateurs. Les GIX parisiens on pu se développer facilement car ils sont de plain-pied avec le marché des télécommunications. Et le GIX lyonnais a rapidement obtenu le soutien des collectivités territoriales pour atteindre un effet de seuil. Tandis que pour l'essentiel, c'est par l'action solidaire d'acteurs privés locaux que le TouIX s'est développé : c'est sa caractéristique fondatrice. L'autre particularité du TouIX, c'est d'avoir pointé, dès le démarrage, un positionnement en « place de marché » susceptible d’attirer beaucoup plus d'acteurs. Notamment de grands acteurs locaux, opérateurs ou entreprises, comme Airbus ou CIRSO (ndlr : le centre informatique du réseau des URSSAF).

- Avec la perspective du rapprochement des régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, on pourrait s’attendre à ce qu’il n’y ait plus qu’un seul GIX ou que, à minima, les deux GIX soient connectés : où en sont les discussions ?
Claude Combes : Le Gix de Languedoc-Roussillon, SudIX, est en cours de constitution. Nous avons déjà établi des contacts avec les responsables locaux et le raccordement TouIX-SudIX devrait se mettre en place au cours de l'année 2016. Ce raccordement créera les conditions d'une meilleure intégrité territoriale pour la nouvelle région. La dynamique territoriale et le déploiement d’une politique commune aux acteurs des deux anciennes régions prendra probablement du temps, mais nous seront en position d'accompagner le mouvement. Quoi qu’il en soit, nous sommes ouverts aux partenariats et nous en avons déjà avec Lyon et Paris, nous discutons avec l’Auvergne et l’Andorre, etc.

- Concernant Midi-Pyrénées, on reproche souvent à ce territoire que tout passe par Toulouse, comme tout passe par Paris à l’échelle nationale : avez-vous des solutions pour y remédier ?
Claude Combes : Les GIX sont des dispositifs qui fonctionnent sur le modèle du « circuit court », selon lequel les échanges qui peuvent être gérés localement doivent rester locaux. Après, reste à définir quel est le « niveau local » pertinent. Pour l'instant ce sont les places toulousaines et montpelliéraine mais rien n'interdit, au contraire, de développer et de raccorder d'autres GIX en région. En la matière, l’exemple donné par LyonIX en région PACA est riche d’enseignements. Lyonix est raccordé aux GIX de St-Etienne, Grenoble et Valence avec lesquels il constitue un réseau dense et fortement maillé.

- Quelles sont les perspectives de développement du TouIX pour les prochaines années ?
Claude Combes Nous travaillons maintenant depuis 2 ans avec le LAAS-CNRS sur un GIX sécurisé pour dynamiser le déploiement de services à valeur ajoutée sur la « place de marché numérique » régionale. Le dispositif technique repose sur la technologie émergente de télécommunication, le SDN (Software Defined Network). Le projet est financé par 4 membres du Touix: Alsatis, FullSave, IMSnetwork et Tetaneutral.net et à reçu le soutien de la SPL et de son actionnaire Toulouse Métropole. Le projet sera porté par un thésard recruté par le LAAS pour la période d'octobre 2015 à septembre 2018. Une première plateforme SDN a été mise en place pendant l'été, ce qui fait d'ores et déjà du TouIX le premier GIX SDN en Europe.

Propos recueillis par Pascal Boiron, MID e-news

Adresse e-mail de TouIX : contact@touix.net

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